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HAPPY BIRTHDAY DADDY

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Noir c'est noir
A. H.. Publié le 04 mai 2007

L'univers d'un auteur jeune, que l'on ne connaît pas encore très bien, est une terre étrangère. Happy Birthday Daddy a quelque chose d'épouvantable dans la simplicité, si l'on ose dire, de sa situation. Une longue table recouverte d'une nappe blanche. Un petit guéridon sur lequel sont posés deux bouteilles, des verres. Et un gâteau. Un homme bâillonné, ligoté sur une chaise. Et un jeune, en smoking. Un assez beau ténébreux, séduisant, mobile. Très bavard. Il va parler une heure et quart durant à l'homme dont un peu plus tard il masquera le regard de son écharpe blanche.

C'est violent, scabreux. Puisque, oui, il s'agit bien d'un père, soixante ans, et de son fils. Règlement de comptes très dérangeant, qui met le spectateur en position assez malsaine, il faut bien le dire, pour peu que l'on soit sensible au théâtre, que l'on pense que le théâtre est une manière, par l'émotion, de nous faire réfléchir.

Tout, ici, finit dans l'éclat d'une lame parricide... Ce serait tout à fait insoutenable s'il ne s'agissait pas bien là d'écriture. Christophe Averlan use d'une encre très corrosive, mais il a un ton et une personnalité puissante.

Et puis, et c'est l'essentiel, ici, le texte est remarquablement mis en scène, l'interprète, excellent comédien, est dirigé avec une intelligence de tous les instants. Patrice Kerbrat est l'artisan de cette réussite indéniable. Saluons l'entravé, Jean-Yves Chilot, dans une prestation pas facile... Louons Emeric Marchand, qui, si on a bien lu le dossier, a voulu cette histoire, a soumis « l'idée d'une pièce » à Christophe Averlan. Il donne toutes les nuances d'une douleur inapaisable. C'est impressionnant.


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LA BOUTEILLE DE CHAMPAGNE EST LA, MAIS L'ENVIE DE TRINQUER N'Y EST PAS
Dimitri Benorme, Publié le 16 mai 2007

Bâillonné, attaché sur une chaise par son fils, Daddy (Jean-Yves Chillot) fête ses 60 ans d'une bien étrange façon. Sa progéniture lui réserve un drôle de cadeau. Ce soir, il a décidé de le tuer. Et rien ne pourra empêcher cet acte.

Ce soir, le fils prend le pouvoir sur ce père à la fois terriblement haï et désespérément aimé. Mais avant d'en finir, il faut en découdre. Et le fiston en a lourd sur le coeur. L'intransigeance, l'intolérance et l'exemplarité de son géniteur l'étouffent au point d'être insupportables. On se laisse embarquer dans les délires de ce fils. On adhère, presque malgré nous, aux reproches formulés et à la revanche qu'il entend prendre. La pièce de Christophe Averlan fait en permanence osciller entre raison et sentiments, donnant à voir une confrontation qui réjouirait Freud au plus haut point. La mise en scène de Patrice Kerbrat, remarquable, accentue l'intelligence du texte. C'est sur les épaules d'Emeric Marchand que repose l'intensité de la pièce. Il déploie de bout en bout une énergie frappante et se montre à la fauteur du challenge proposé. Il épouse avec justesse la complexe personnalité du fils. Le comédien donne tour à tour la parole à l'enfant meurtri, l'adolescent attardé, l'adulte désespéré. Une jolie palette de nuances qui se traduit par des excès de colère noire, un cynisme appuyé mais aussi un regard qui s'attendrit lorsque sont évoqués les souvenirs de l'enfance. Le comédien réalise aussi un important travail sur la modulation de sa voix. Avec conviction, il donne à voir et à entendre une schizophrénie née du manque de reconnaissance et d'amour paternel. Et quand on voit son oeil friser au moment fatal, on a le sang glacé.


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BON ANNIVERSAIRE
Jean-Luc JEENER, Publié le 16 mai 2007

Dur de parler avec son père, surtout quand celui-ci a une forte personnalité.Un père visiblement pas très facile à vivre, le genre à châtrer le fils à force d’humiliations et de mépris. Enfin, c’est ce qu’on imagine. Parce que, quand le spectacle commence, ledit père est attaché comme une vulgaire saucisse à sa chaise, le gentil fils près de lui, un gros gâteau d’anniversaire à la main. Pas content le fils ! Le papa, bâillonné, ne peut pas lui répondre, alors ilmonologue. Genre des années de silence à rattraper. Tout y passe, dans le style récriminatoire. Mais le plus terrible, c’est qu’il a l’air, le bougre, de vouloir tuer son géniteur. Le suspense s’installe.
CRITIQUE. L’unité de temps, de lieu, d’action, c’est toujours bon pour une pièce de théâtre. D’autant que la pièce de Christophe Averlan n’est pas mal du tout. Malheureusement, l’oeuvre se perd un peu sur le grand plateau du Vingtième Théâtre : on est trop loin pour être impressionné, dérangé. La peur, l’angoisse de toute cette horreur ne nous saisit pas. Ce n’est la faute de personne. Et surtout pas celle dumetteur en scène, Patrice Kerbrat, qui fait un travail probe. Les comédiens aussi sont particulièrement bien. Emeric Marchand, bien sûr, mais surtout Jean-Yves Chilot, époustouflant dans le rôle muet du père.


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DIS MOI QUE TU M'AIMES OU JE TE TUE
Publié le 03 mai 2007

Le soir de ses 60 ans, un homme reçoit la visite de son fils, venu pour hurler sa douleur. Bâillonne et attaché sur une chaise, le père écoute passivement le monologue fou de ce fils malheureux qui tente la démonstration de son amour frustré. Créée par Christophe Averlan, cette pièce cathartique, intitulée Happy birthday daddy, plonge le spectateur dans la complexité des rapports père-fils.


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Publié le 10 avril 2007

« Tout pour le théâtre » pourrait être sa devise puisque pour lui, il a renoncé à pas mal de choses, y compris, et c'est rare, à la médiatisation apportée par la télé et le cinéma. Comédien émérite, Emeric Marchand, sous la direction de Patrice Kerbrat, crée Happy Birthday Daddy de Christophe Averlan au Vingtième Théâtre.
Sa formation et son travail obéissent à une double logique, celle de l'exigence et de la qualité. Tout commence par un conservatoire parisien à dix-sept ans, suivi par trois années avec une troupe universitaire de Nanterre, une année à Chaillot et enfin deux ans au CDN de Saint-Étienne. À peine moins court que des études de médecine ! Immédiatement après, il joue une vingtaine de pièces mises en scène notamment par Arestrup, Bénichou, Theophilidés et connaît quatre mois exceptionnels seul en scène avec La Nuit juste avant les forêts de Koltès. Loin de l'effrayer, la comédie, avec ses exigences, lui va aussi comme un gant : « Il est plus facile d'émouvoir les gens que de les faire rire. » Avant le récent Portrait de famille, il joue un travesti aux côtés de Jane Manson dans L'Homme parfait mis en scène par Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé. Avec Faut-il tuer le clown ?, il se fait un ami de Michel Roux auquel, quelques semaines après son décès, il dédie son nouveau spectacle. Artiste complet, il tourne pour la caméra de Patrice Chéreau ou de Daniel Vigne et, à plusieurs reprises, se lance dans la mise en scène.

Lorsque Christophe Averlan a créé Médiane Art et Communication, une structure ayant pour but d'accompagner au quotidien le travail des comédiens, il ne se doutait pas que par ce biais, il rencontrerait Émeric Marchand en 2004. Impressionné d'entrée, Christophe Averlan lui propose d'enregistrer son premier texte, Mentir (précisément). Une première collaboration qui permet au comédien de soumettre à l'auteur une idée de scénario à laquelle il tient beaucoup. Séduit, Christophe Averlan se lance sans attendre dans l'écriture de ce qui devient Happy Birthday Daddy. l'histoire de cet amour filial déçu qui tourne mal va se peaufiner durant les premières semaines de travail. Très souple, « j'écris pour que les personnages fonctionnent », Christophe Averlan reprend son texte quand tous les quinze jours, Émeric revient le voir avec les notes prises durant les répétitions avec Patrice Kerbrat. Car l'arrivée de ce metteur en scène, l'un des plus marquants de son époque, le premier à monter en 1987 un texte de Yasmina Reza, redonne au projet un élan considérable. Son nom aide à ouvrir les portes, notamment celles du Vingtième Théâtre qui décide de programmer la pièce.

Ceux qui n'ont jamais vu Émeric Marchand sur scène vont pouvoir compenser cette lacune avec cette soirée d'anniversaire un peu spéciale. Le comédien qui déclare « je puise dans la richesse de la vie de quoi nourrir mon jeu et d'un autre côté le théâtre me facilite l'existence : c'est un échange ! », nous propose un moment fort dont il a le secret, fait d'émotions et d'intimité. Sans nul doute, durant les représentations, l'échange sera au rendez-vous !






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Vu pour vous “Happy birthday daddy”, Papa je te hais !

Un jeune homme enlève son père, le jour de ses 60 ans. La dernière soirée entre un fils et son paternel haï. Une pièce poignante à voir au Vingtième théâtre (20e) jusqu’au 17 juin. Impossible dialogue “Happy birthday to you, happy birthday to you daddy !” Des bougies, un gâteau d’anniversaire et une grande nappe blanche : cela débute comme un traditionnel dîner de famille. Mais c’est un drame familial à une seule voix qui se déroule sous nos yeux. « Happy birthday daddy », mis en scène par Patrice Kerbrat, pourrait être un dialogue père-fils : il n’a pas lieu. C’est un fils qui dit tout à son père, la dernière nuit d’un « daddy » détesté et craint, leur dernière soirée ensemble. Bâillonné, ligoté par une corde et même menotté, le paternel - Jean-Yves Chilot - ne fait que subir, impuissant, les attaques verbales d’un fils revanchard, mais aimant : « J’aurais voulu ne pas avoir à te tuer » Monologue meurtrier Il ne dira pas une seule parole. « Ce soir, je t’annule », lance le fils. Une confrontation qui vire, de fait, au monologue. L’un est immobile, silencieux, se tortille sur sa chaise. L’autre gesticule, bondit sur la table, court sur la scène, tempête et se répand en paroles. Echecs amoureux, nuits de fêtes écarlates, découverte de son homosexualité, psys qui ne comprennent rien : il lui avoue tout pour la première fois. Jusqu’à ce drame d’enfance : une plongée dans le noir, punition terrifiante infligée par un père autoritaire. Et cette boulangère au regard bleu, amour impossible, peu conforme aux vœux du père et au niveau social de la famille. Le texte dur et poignant de Christophe Averlan fait mouche. On sort groggy et ému. Energie, séduction et douleur : Emeric Marchand incarne avec brio un fils au bord de la folie, qui accomplit avec soin un rituel de mort. Pour l’éternité : « J’irai à travers cet acte unique au-delà de l’ombre ».


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ANNIVERSAIRE DE SANG
Marie-Laure Atinault. Publié le 16 mai 2007

Rien ne manque pour que la fête soit réussie : la nappe immaculée est bordée de dentelle, le champagne attend de pétiller dans les flûtes et le gâteau vient du meilleur pâtissier du coin. Ce n’est pas tous les jours que l’on souhaite les soixante ans de Papa, de Daddy. Pourquoi le héros de la fête semble-t-il contrarié ? Pourtant, son fiston s’est fait beau, rasé de prés, il étrenne un smoking tout neuf en l’honneur de son Papa. Tous les efforts que déploie le fils obéissant pour ce Père terrible, tutélaire devraient l’ébranler. Mais il reste de marbre. Comment ne pas être touché par ce fils si obéissant qui, à 30 ans passé, n’oserait même pas traverser en dehors des clous de peur de déplaire à Daddy. Le Père ne répond pas car il est ligoté, bâillonné. Ce soir le fiston prend le pouvoir et la parole, il va le tuer pour ses soixante ans !
Pour ce sacrifice d’Abraham inversé, ce cadeau sanglant et définitif, il aiguise ses armes. Il agrémente ses préparatifs d’un monologue hallucinant où il explique à ce père enfin attentif, ses années de frustrations affectives, de carence de câlins, de complicité. Il déballe tout. Sa sexualité aléatoire, son quotidien, ses peurs, ses angoisses pareilles à celle d’un enfant que l’on laisse seul dans le noir. Ce soir, il est le maître de toutes les peurs, de toutes les revanches, de toutes les humiliations.

Happy Birthday Emeric, un talent a decouvrir
Emeric Marchand, comédien, avait l’idée d’une pièce avec un sujet singulier. Il propose à l’auteur Christophe Averlan de l’ecrire. Trois mois plus tard, il lui fait lire un dialogue avec un muet malgré lui. Le texte est puissant, violent, ambigü et tient en haleine le spectateur jusqu’à la scène finale. Emeric Marchand a un parcours qui mérite que l’on s’y arrête. Il fait ses premiers pas sur les scènes du subventionné avec Daniel Benoin, Marcel Marechal. Il se fait remarquer dans « La nuit juste avant les forêts » de Koltés. On le retrouve aux côtés de Michel Roux dans « Faut-il tuer le clown », le plus beau rôle de ce pape du théâtre du Boulevard, mort récemment, qui fut si généreux pour son jeune partenaire. Maurice Benichou et Marion Bierry font appel à lui.
Mais, et cela est paradoxal, à part Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé, les metteurs en scène ne semblent pas cerner la bête de scène, la puissance qu’il dégage. Une puissance qu’il sait doser, en jouant sur les nuances les plus intimes de son personnage, de la colère à la peine. Il passe dans son regard cette étincelle qui fait tout basculer. Mis en scène par Patrice Kerbrat qui a joué la carte d’une extrême simplicité pour ne pas dire d’une crudité de la représentation, car il n’y a rien de superflu, Emeric Marchand n’est pas seul en scène. En face de lui, dans le rôle ingrat du père, Jean-Yves Chilot fait passer toutes les incompréhensions et les peurs de ce père qui vit cet anniversaire cauchemardesque. Facéties du calendrier, les représentations auront lieu également pour les fêtes des Pères et des Mères, mais l’explosion d’un tel talent est forcément un cadeau.


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TUER LE PÈRE EN CHACUN DE NOUS
Maïa ARNAULD (Paris)

Pour suivre son chemin, pour se libérer des entraves, s’affranchir à jamais des douleurs de l’enfance et s’autoriser enfin à aimer, à jouir.
Faire la peau au faiseur de trouble, surtout quand il s’agit de son propre géniteur, un bien vaste sujet, indéfiniment reconduit, mais qui n’en finit pas de nous poursuivre. Par quelle folie, un jeune homme kidnappe son père, le jour de ses soixante ans, pour lui signifier son mal être, et l’obliger à l’écouter. Et comment, ce qui devait être des retrouvailles se transforme en pugilat ? Certes, la méthode n’est pas commune, bâillonner son père, le ligoter à une chaise roulante et le brutaliser, mais elle donne à réfléchir. À quel degré d’humiliation, un individu a t-il survécu pour éprouver une telle haine ?
Il faut reconnaître qu’il attaque fort Christophe Averlan, dès le lever de rideau, la situation est posée : un homme muselé, cloué dans une chaise, face à lui, un autre homme, plus jeune, lui tend une merveille de gâteau d’anniversaire, tout de crème et de bougies vêtu. Mais, apparemment, l’heure n’est pas aux réjouissances. L’anniversaire, on l’aura compris, ne semble qu’un prétexte à une rencontre. S’engage le monologue du fils où des mots comme des couteaux laminent l’espace de leur virulence mortuaire. Un face à face poignant, où le passé ressurgit par salves, où les questions restent en suspens, où la folie destructrice du fils se mue en cri d’amour pour ce père qui n’a pas su voir, pour ce père qui n’a pas su entendre.
Tel est spectacle d'une acrimonie haute en couleurs dans un décor sobre, écrasé par une lumière blafarde, de celle qui arrache les vers du nez aux menteurs patentés. Posée au-devant de la scène, une immense table rectangulaire recouverte d’une nappe blanche, arbitre la rencontre entre les deux hommes. Mi-table de légiste, mi-autel des morts, elle préfigure le dessein final.
Le daddy maltraité
La langue de Christophe Averlan dérange, indispose, titille les bienséances. L’autopsie remue les tripes. Surtout quand on touche à la sacro-sainte parentalité, on a beau dire, ça décoiffe. Quand le gentil fils s’autorise un numéro de gogo dancer devant son daddy castré, le fauteuil de devant n’est pas assez haut pour se cacher derrière. Il le rosse littéralement de mots improbables : « ça me fait bander de te voir impuissant », « je respire de te voir agoniser ».
La Fondation Beaumarchais ne s’y est pas trompée. Christophe Averlan a du coffre, de la haine aussi. Même si sa langue pêche par endroits par excès de communautarisme et cède parfois à la facilité psychanalysante, tout en condamnant cyniquement son usage, elle en utilise néanmoins les ressorts. Ensuite, il est des synapses qui ne supportent pas les tonalités « gotaineriennes ».
La mise en scène de Patrice Kerbrat, au service de la tension, très physique, respire la dualité permanente. La torture silencieuse du père, castré dans sa possibilité de donner sa version des faits, devient palpable. Une posture volontaire car ici, seule la parole du fils compte. Le père devient sujet passif. Le fils sujet offensif, qui suivant le point de vue qu’il entend donner sur son père, le balade autour de la grande table comme un pion sur l’échiquier. Belle métaphore de l’enfant assujetti aux humeurs des adultes. Jamais, le père n’aura d’autre discours que celui de lutter contre les liens au propre, comme au figuré. Mais, ce père bourreau devient une victime agonisante dont la présence grandissante dérange. Est-ce la folie meurtrière du fils qui provoque la rédemption du père ? Est-ce l’inconfort du bâillon qui rend le père sympathique ?
Charismatique Emeric
Quel numéro d’acteur ! Emeric Marchand sort tout droit d’un film de Gus van Sant, robuste et fragile à la fois. Un corps tellurique avec une tête de petit garçon tout doux. Tout aussi convaincant en smoking noir lamé et écharpe blanche façon James Bond, qu’en strip-teaseur de bars à putes. Il déploie une énergie incroyable à faire entendre sa vérité, ce fils exemplaire dont les questions sans réponses martèlent l’air de leur douleur incommensurable. Il y met tout son cœur et sa prestation est convaincante. Pourquoi cet acharnement ? De quel droit ? Nous n’en saurons rien. Seule l’incapacité à aimer justifie, donne la mesure du ressentiment. Quand les mots font défauts, ils viennent à manquer. Tous ceux que tu n’as pas su me dire, ceux que tu n’as pas su entendre, ceux que je n’ai pas pu ou su te dire… Au final, l’envie de crier « ouf » est grande, car non seulement, on doutait de l’issue de l’acte, mais surtout quelle irrespirable atmosphère. Heureusement, Jean-Yves Chillot enlève son bâillon, et il respire, bien qu’un peu abruti par cette sauvage altercation. Une belle réussite, que les âmes sensibles se fassent violence, le jeu en vaut la chandelle. Parricide, s’il vous plait.


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TU SERAS UNE FOLLE FURIEUSE, MON FILS...
Simone Alexandre, Publié le 11.05.2007


Ne faut-il pas que les cendres de Kipling s'aérent un peu ?
Si vous doutiez encore des méfaits de la psychanalyse allez sans tarder voir cette pièce. Freud, que de crimes a t'on commis en ton nom !
Schéma classique, un père dirigiste enseigne à son fils par des méthodes musclées comment devenir un homme.
Tous les enfants ont peur du noir. La proximité du néant dont deux êtres nous ont extirpé en est la cause, sans doute ? Il ne suffit que d'une sensibilité un peu exacerbée pour qu' en réaction, la haine surgisse.
Un fils en plein délire schizophrénique décide de fêter le 60ème anniversaire de son père de façon un peu particulière ...
L' auteur sciemment, accumule les redites. Un être dérangé ne fonctionne t' il pas en boucle ? Ce personnage est obsédé par un vécu mal assumé, par une série de complexes dus à l'admiration haineuse qu'il voue à celui qui a voulu le façonner à sa guise sans toutefois le reconnaître.
Faute de pouvoir assumer, son objectif est la destruction.
Le spectateur assiste à cette malsaine situation à la fois curieux et tétanisé, souhaitant un salutaire revirement qui lui permettrait de retrouver un air pur au lieu de cette atmosphère viciée.
Patrice Kerbrat est un directeur d'acteurs exceptionnel et nous le prouve une fois de plus. C' est simple, cet homme aurait mérité d'être sage-femme !
Sous sa férule, la précision de jeu s'allie à la hardiesse du mouvement. Rien n'est laissé au hasard. Avec lui tout prend signification.
Emeric Marchand (le fils) incarne ce jeune fauve iconoclaste dont la désespérance destructrice s'attaquera au père (Jean-Yves Chilot) qui joue ici une partition aussi difficultueuse que muette.
En sortant on se remémore les deux Commandements battus délibérément en brèche (Tu ne tueras point et honoreras tes père et mère) et l'on se dit que comparativement, Oedipe a pris un sale coup de vieux.

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Froggy's delight

Publié 19 décembre 2005
(suite à la lecture au Studio Raspail - Paris)

Un jeune homme souhaite l'anniversaire de son père qu'il a ligoté et bâillonné sur une chaise.
Long monologue réel ou imaginaire, cathartique ou fantasmé d'un fils qui impose enfin un dialogue à ce père dont on ne sait s'il est absent, démissionnaire ou inexistant et à qui il annonce la mort imminente à la fin de ce dîner d'anniversaire. Le parricide comme seule issue au manque d'écoute, au manque d'amour.
Il déverse des flots de mots, de rage, de désespoir, d'amour aussi vers ce père muet et immobilisé;

Le texte est dense et sensible. La performance de l'acteur, seul sur scène, totale.

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